LAHONTAN : Lecture "d'utilité" publique

05 décembre2015

Organisée par la Cie Les Fous d'Hamlet à la salle des associations (rue du Bois) à 17 heures.

Première partie : "Air France et le parti de la liquette" de Frédéric LORDON, philosophe et économiste.
Seconde partie : Extraits de "Cette France qu'on oublie d'aimer" d'Andreï MAKINE, écrivain.

Extrait d'"Air France et le parti de la liquette" de Frédéric LORDON : "La réalité du salariat c'est le chantage et la réalité du chantage c'est qu'il y a une inégalité entre celui qui chante et celui qui fait chanter. On ne se porte pas identiquement à l'une ou l'autre extrémité du revolver. Même les salariés les plus favorisés, c'est-à-dire les plus portés à vivre leur enrôlement sur le mode enchanté de la coopération constructive, et à trouver scandaleusement outrancier qu'on en parle dans des termes aussi péjoratifs, même ces salariés sont toujours à temps de faire l'expérience du voile déchiré et de l'os à nouveau découvert. Car c'est bien sûr à l'épreuve, non pas des temps ordinaires, mais du différend que se montrent les vrais rapports de pouvoir. Et que se posent à nouveau des questions – les questions élémentaires de la relation salariale – comme : jusqu'où puis-je porter la contestation devant mon supérieur, avec quel ton puis-je lui parler, quelle latitude réelle ai-je de refuser ce qu'on (il) m'impose de faire et que je ne veux pas faire et, pour finir : ce différend s'accomplit-il vraiment dans les mêmes conditions que celui que je pourrais avoir avec quelqu'un dont je ne dépendrais pas et dont je n'aurais rien à craindre – en situation d'égalité. L'individu qui plie n'en a-t-il pas toujours sourdement conscience du seul fait de se dire que "dans d'autres conditions, ça ne se passerait pas comme ça" ? La dépendance vitale et, subséquemment, la peur, voilà la vérité ultime du salariat telle qu'elle se dévoile inévitablement, non pas quand tout va bien, mais à l'épreuve du différend, dont le mode de résolution ultime a un nom : l'obéissance."

Extrait de "Cette France qu'on oublie d'aimer" d'Andreï MAKINE. "Chaque langue nationale, tel un paon, fait la roue en exposant les trésors de ses gemmes verbales, le scintillement de ses facettes sémantiques, la transparence de sa syntaxe. "Le fond de l'air est frais..." Cette expression française plonge Hector BIANCOTTI dans une extase, quasi religieuse, il l'a souvent confié à ses lecteurs. C'est vrai, on ne trouve pas cette nuance en espagnol et je ne vois rien de semblable en russe. Les hédonistes du champagne précités m'ont appris un qualificatif qui devrait ravir tous les amoureux de la langue française : huîtres huîtrées ! Au Moyen Âge, on acheminait ces bivalves bretons à Paris sans leurs coquilles trop encombrantes et lourdes. Je n'ose imaginer cette masse grise secouée dans un baquet durant sept jours de voyage. Heureusement, toutes les huîtres ne subissaient pas un tel sort et gardaient leur nom d'"huîtres en écailles". Oui, à côté d'autres curiosités du folklore français on pourrait citer désormais ces huîtres huîtrées de la Bretagne bretonnante..."

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